Jean-Pierre Cariou reçoit (Onera, Leosphère) le Prix Chéreau-Lavet 2010 pour son Windcube

Directeur R&D de Leosphere (Orsay, Essonne) après avoir été chercheur à l’Onera (Palaiseau), Jean-Pierre Cariou a reçu le Prix Chéreau-Lavet 2010 de l’ingénieur-inventeur pour son Windcube, fruit de 10 ans de recherches. Ce matériel portable capable de mesurer depuis le sol la vitesse du vent utilise une technologie Lidar Doppler développée par la société Leosphere. Marché prioritaire : l’éolien.

Le Prix Chéreau-Lavet 2010 de l’ingénieur-inventeur qui a été créé pour récompenser un ingénieur français dont l’innovation appliquée à l’industrie constitue une rupture technologique et commerciale reconnue, récompense 10 années de recherche consacrées à la mise en œuvre de la technologie Lidar pour mesurer la vitesse du vent. Cette nouvelle application a été rendue commercialisable grâce à un accord de transfert de technologie signé en 2006 avec la société Leosphere. « Avec mon équipe de l’Onera (15 personnes), nous avons modifié et réussi à appliquer aux lidars Doppler des composants innovants et fiables des technologies « fibres » télécom », explique Jean-Pierre Cariou. Résultat : un matériel portable qui remplace les mâts fixes, très onéreux et limités en hauteur qui permet de prospecter des futurs lieux d’implantation de fermes éoliennes.

Windcube : un produit dans le vent

« Le Windcube, avec une portée de 200m,  supérieure à la taille des plus grandes éoliennes permet de définir à moindre coût des productibles électriques très fiables pour les investisseurs», détaille M. Sauvage, dirigeant de Leosphere , dont le CA cumule 15M d’euros sur les 3 ans passés et pourrait atteindre dans un proche futur 10 M par an. Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Des études sont en cours sur la mesure haute altitude en vue d’améliorer les modèles météo. Tout cela sans oublier la sécurité aéroportuaire… Qualité de l’air, dynamique de l’atmosphère,  cartographie des vents et des turbulences… les déclinaisons commerciales du Windcube de Leosphere sont multiples et variées.
« Le profil et le parcours professionnel du lauréat témoignent de ce dépassement des frontières qui séparent encore trop la recherche fondamentale et ses applications commerciales » a noté Cédric Villani (Médaille Fields 2010) lors de la remise du prix, doté de 15000 euros, le 17 janvier 2011, à Paris. De fait, le parcours de Jean-Pierre Cariou est emblématique de l’évolution de la recherche appliquée ces dernières années.

Transfert de technologie public-privé

Agé de 52 ans, cet ingénieur diplômé par l’Institut d’Optique Graduate School (Orsay) a mené à l’Onera depuis 20 ans des travaux sur les applications possibles de la technologie Lidar, une sorte de Radar laser qui au lieu de se servir des ondes radiofréquences utilise les ondes lumineuses. Mais après les réductions budgétaires de la DGA (Direction générale de l’armement) dans les années 2000, son laboratoire a dû trouver d’autres sources de financement en se réorientant vers des applications civiles, centrées sur la sécurité des aéronefs. Le développement d’un lidar de mesure des tourbillons de sillage s’en est suivi, fondé sur la technologie des lasers impulsionnels à fibre optique. Jean-Pierre Cariou a rejoint Leosphere en 2007, et a continué ce développement dans cette jeune entreprise innovante pour le marché éolien plus mature. En moins de deux ans, les premiers lidars anémométriques ont été commercialisés. Leosphere est aujourd’hui leader de ce secteur en forte croissance et s’intéresse de nouveau à la sécurité aéroportuaire en nouveau relai de croissance.

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Peintre, journaliste
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