Düsseldorf’s satori (by Thalis)

Dans cette ville tournée vers l’art, le temps s’écoule lentement mais intensément dans l’instant zen du satori. La lente rotation du restaurant panoramique de la Sturmtower qui semble être l’axe d’une horloge cosmique, revisitée par Dali avec, à ses pieds, les méandres du Rhin comme bords de son cadran. Mais avant cette excursion quasi mythique qui vous fera découvrir le port, l’hôtel Nikko nous attend en plein cœur du quartier japonais. Situé à quelques centaines de mètres de la gare, il permet d’être rejoint aisément à pied. Düsseldorf, avec ses 600 000 habitants, reste une ville à taille humaine. De l’hôtel, pas de problème pour rejoindre le centre ville en marchant. Mais il n’est pas inutile d’acquérir un pass (14 euros pour 48h) avec accès illimité aux moyens de transport publics (métro, tramway), bien utile notamment pour se rendre au Museum Kunstpalast (peinture du XIXe) ou à la salle de concert Tonhalle, un peu excentrés sur le site du complexe Ehrenhof. Ce dernier, construit par Wilhem Kreis en 1926/27 pour la grande exposition GeSolei (Gesundheitspflege, Soziale Fürzorge und Leibesübungen), la Foire des soins médicaux, de la sécurité sociale et de l’exercice physique qui fut visitée par des millions d’Allemands.

De Beuys à Kraftwerk : le goût de l’expérimental

Le Museum Kunstpalast est notre première destination dans cette ville au rayonnement international : de l’école de peinture de Düsseldorf (Malerschule) qui attira des artistes de toute l’Europe (exception faite des Français) repoussés par l’establishment au groupes de musique expérimentale Kraftwerk (faire un détour par le club Ratinger Hof) et Toten Hosen en passant par le groupe pictural Zero, le charismatique Joseph Beuys et le groupe Fluxus – défendant un concept « élargi » de la notion d’art où l’homme en est le maillon principal, et son lien aux tableaux comme à une source de l’inconscient se révèle alors aussi important que les tableaux en eux-mêmes.- à l’actuelle célèbre école de photographies, en filiation avec l’art total issu du mouvement romantique du XIXe et reprise par Beuys dans les années 60.
Sans conteste, Düsseldorf est une ville d’art, ouverte aux expérimentations et source d’influences. L’approche réaliste de ses peintres « refusés » de l’Académie des Beaux-Arts, au XIXe, font échos au travail de Courbet et pourrait bien constituer les racines de l’hyperéalisme américain. Le concept original d’un art source de transformation sociale, diffusé avec force dans les années 60 par Joseph Beuys semble plus que jamais d’actualité. C’est bien là tout l’intérêt de ce musée qui, plus largement, fait traverser  au visiteur les époques les plus marquantes de l’histoire de l’art, notamment avec ses peintures des XVIIIe et XIXe siècles et ses collections après 1945.  La visite peut se conclure agréablement par une halte au NRW-Forum (1), un café-restaurant-exposition, situé sur place (spécialités italiennes). Argent, vie, art : « Refais ton choix » te souffle cette mentale ville rhénane !

(1) NRW-Forum, Ehrenhof, 2.
Tél. : +49 (0) 211 892 66 90

(2) Restaurant-Brasserie Zum Schlüssel, Bolkerstraße 41-47 ou  Brasserie Uerige, Berger Straße

(3) Café Woyton, MarktPlatz : idéal pour y déguster un bon chocolat à la crème.

(4) Im Goldenen Ring :

Burgplatz, 21. Tél. : +49 (0) 211 200 51 45. www.goldener-ring.com : une très bonne adresse pour découvrir les spécialités locales (dont la bière brune Füchschen ou Schumacher). Situé au bord du Rhin.

(5) Op de Eck

www.op-de-eck.de : une bonne table où l’hiver, il est délicieux de déguster une bonne soupe. Situé à l’entrée du K20.

Parcours en centre ville par le musée K20 Immermannstrasse, Ernst-Schneider-Platz, tourner à gauche à la Bourse pour entrer dans Schadow Arkaden, un passage de boutiques couvert, puis rejoindre Heinrich-Heine-Allee par la Theodor-Körnet-Strasse. Passer le pont et tourner à gauche en direction du K20, situé Grabbeplatz juste après l’opéra. Pour une visite rapide de ce musée, compter environ 1h30.


En quittant le K20, contourner par la droite le Kunsthalle qui lui fait face, tourner à droite dans Andrea-Strasse et passez, à droite, par le square de l’église Im Goldenen Kassel. Tourner alors à droite pour rejoindre, par BolkerStrasse, MarktPlatz et le café Woyton qui pourra vous servir un bon chocolat à la crème.

Puis descendre MarktStrasse et tourner à gauche dans FlingerStrasse, puis à droite dans KasernenStrasse.
Et rejoignez MittelStrasse jusqu’au BastionStrasse (à gauche) et ses petits antiquaires. Tout se quartier regorge de petites boutiques de modes et de petits kiosques servant des spécialités à manger sur le pouce. En débouchant sur BreiteStrasse, on tourne à gauche. Dans l’enfilade on reprend Heinrich-Heine-Allee et le chemin de l’hôtel.

En suivant ce petit circuit en boucle d’environ 2h à pied à partir de l’hôtel Nikko, vous pouvez ainsi découvrir la vieille ville, faire du shopping, boire une bière brassée sur place ou un chocolat chaud ou encore manger.  On peut également pousser une pointe jusqu’au port avec ses étonnants bâtiments couverts de métal et visiter la Rheinturm au célébre restaurant panoramique pivotant (ouverture à partir de 10h). et le parlement du Nord-Rhein-Westphalie en se rappelant que Düsseldorf (littéralement le village sur la Düssel) affiche, seule, un budget sans dette depuis 4 ans en Allemagne.

Les adresses

• Kunstsammlung (K20) : Grabbeplatz, 5. Tél. : +49 (0) 211 838 11 30. www.kunstsammlung.de • Museum Kunstpalast : Ehrenhof, 4-5. Tél. : +49 (0) 211 899 24 60 ou 02 00. www.smkp.de • Tonhalle Düsseldorf (salle de concert) : Ehrenhof, 1. Tél. : +49 (0) 211 899 61 23. www.tonhalle.de • Deutsche Oper am Rhein (opéra) : Heinrich-Heine-Allee, 16 a. Tél. : +49 (0) 211 892 52 11. www.operamrhein.de

Pour dormir : Hôtel Nikko

Immermannstrasse, 41. Tél. : +49 (0) 211 834 27 055.
www.hotel-nikko.com

L’ambiance de cet hôtel est des plus soft et c’est un plaisir de s’y offrir un repas dans l’un des deux restaurants des lieux dont l’un comporte des petites salles traditionnelles japonaises ou lézarder dans le spa du dernier étage doté d’une piscine panoramique. Au cœur du quartier japonais de Düsseldorf qui fourmillent de petits restaurants nippons à découvrir… (Pour les retardaires, l’hôtel Nikko de Paris a disparu).

Boire une verre la nuit

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Peintre, journaliste
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