Et la cigarette bio!

Le sujet est à creuser mais avant de songer à supprimer totalement le tabac et réduire ainsi les libertés. Pourquoi ne pas produire des cigarettes bio. C’est-à-dire exemptes de tous les produits chimiques que les fabricants ajoutent pour créer une addiction chez les fumeurs…

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Dansez maintenant

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Liesses populaires

Début mai, trois scènes de liesse se sont enchaînées à l’occasion du mariage princier en Grande-Bretagne, de la béatification d’un pape et de la mort d’un terroriste. Le sabre, le goupillon et le sceptre, trois symboles qui ravissent le cœur des hommes… Quelle en est la signification profonde ?

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Imagine Eyes : une première au fond de l’œil


Cette start-up d’Orsay (Essonne) a mis au point une caméra qui révolutionne l’imagerie cellulaire de la rétine. Cette innovation intéresse les chercheurs du monde entier pour la compréhension et le traitement des maladies rétiniennes comme la DLMA.

« De mes expériences et connaissances précédentes, je ne pensais pas qu’il était possible d’obtenir de tels résultats avec la technologie développée par Imagine Eyes. Pour cette raison, j’ai acheté cette caméra réellement capable d’imager la rétine à l’échelle microscopique », s’enthousiasme le professeur Nagahisa Yoshimura de l’université de Kyoto, un ponte des maladies rétiniennes, qui en est l’un des premiers acquéreurs. Pour la start-up, créée en 2003, évoluant au sein d’Opticsvalley, cette reconnaissance consacre un effort important de R&D et annonce un avenir commercial international souriant. « Cette caméra est véritablement révolutionnaire », renchérit le professeur Gisèle Soubrane, spécialiste de la très médiatisée DLMA (dégénérescence maculaire), qui l’a testée pendant plus d’un an au centre hospitalier intercommunal de Créteil en parallèle du centre national d’ophtalmologie des Quinze-Vingts, à Paris.
Du jamais vu !
« Désormais, nous pouvons voir, cellule par cellule, ce qui auparavant échappait à tout examen comme les capillaires qui ne font que 6 microns de diamètre et où débutent souvent les maladies. Cela va nous permettre de mieux comprendre les mécanismes dégénératifs et d’en détecter l’apparition avant qu’il n’y ait trop de dégâts », précise-t-elle. Autres bénéfices de taille : un suivi thérapeutique (sans douleur) plus précis et une meilleure optimisation du traitement des maladies rétiniennes qui peut être, grâce à la caméra d’Imagine Eyes, raccourci considérablement. Ce qui compte lorsque l’on sait qu’un traitement vaut environ 60000 euros!
Innovation planétaire
« Nous fonctionnons en autofinancement, explique Xavier Levecq, l’un des deux fondateurs associés. Notre première innovation – un équipement d’aide à la chirurgie de la myopie – nous a permis de travailler sur cette caméra qui présentait deux principaux problèmes à résoudre : la miniaturisation de ses composants et l’adaptation d’un système optique normalement utilisé pour l’astronomie », confie-t-il, fier d’avoir ramené à la taille d’un équipement de bureau ce qui demandait auparavant 3m3. Sa mise au point a mobilisé pendant 5 ans l’ensemble de l’équipe pluridisciplinaire qui constitue Imagine Eyes : soit 11 personnes, expertes en mécanique, optique, informatique et électronique. Commercialisée au prix de 125000 euros, cette caméra portable vise, d’abord, les 300 laboratoires de recherche de la planète. « Cette première phase de commercialisation va permettre des optimisations qui élargiront son champ d’utilisation », détaille Nicolas Chateau, le deuxième associé fondateur. Dernier palier avant la grande aventure déjà commencée avec un CA (1,25 M d’euros) en hausse de 35% avec les premières ventes : les homologations CE pour l’Europe et FDA pour les USA. Pour l’heure, la caméra d’Imagines Eyes provoque un véritable engouement : un exemplaire a déjà été offert en mars à l’hôpital de Montpellier par Sos Rétine. Début mai, les premières démonstrations publiques de la caméra à la réunion annuelle de l’Association for Research in Vision and Ophthalmology (ARVO) à Ft. Lauderdale en Floride seront sans aucun doute un grand succès. En 2010, plus de 11000 chercheurs étaient venus du monde entier. Parmi les 15000 membres de l’association, presque 4000 sont spécialistes de la rétine. 
P. Talbot
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Jean-Pierre Cariou reçoit (Onera, Leosphère) le Prix Chéreau-Lavet 2010 pour son Windcube

Directeur R&D de Leosphere (Orsay, Essonne) après avoir été chercheur à l’Onera (Palaiseau), Jean-Pierre Cariou a reçu le Prix Chéreau-Lavet 2010 de l’ingénieur-inventeur pour son Windcube, fruit de 10 ans de recherches. Ce matériel portable capable de mesurer depuis le sol la vitesse du vent utilise une technologie Lidar Doppler développée par la société Leosphere. Marché prioritaire : l’éolien.

Le Prix Chéreau-Lavet 2010 de l’ingénieur-inventeur qui a été créé pour récompenser un ingénieur français dont l’innovation appliquée à l’industrie constitue une rupture technologique et commerciale reconnue, récompense 10 années de recherche consacrées à la mise en œuvre de la technologie Lidar pour mesurer la vitesse du vent. Cette nouvelle application a été rendue commercialisable grâce à un accord de transfert de technologie signé en 2006 avec la société Leosphere. « Avec mon équipe de l’Onera (15 personnes), nous avons modifié et réussi à appliquer aux lidars Doppler des composants innovants et fiables des technologies « fibres » télécom », explique Jean-Pierre Cariou. Résultat : un matériel portable qui remplace les mâts fixes, très onéreux et limités en hauteur qui permet de prospecter des futurs lieux d’implantation de fermes éoliennes.

Windcube : un produit dans le vent

« Le Windcube, avec une portée de 200m,  supérieure à la taille des plus grandes éoliennes permet de définir à moindre coût des productibles électriques très fiables pour les investisseurs», détaille M. Sauvage, dirigeant de Leosphere , dont le CA cumule 15M d’euros sur les 3 ans passés et pourrait atteindre dans un proche futur 10 M par an. Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Des études sont en cours sur la mesure haute altitude en vue d’améliorer les modèles météo. Tout cela sans oublier la sécurité aéroportuaire… Qualité de l’air, dynamique de l’atmosphère,  cartographie des vents et des turbulences… les déclinaisons commerciales du Windcube de Leosphere sont multiples et variées.
« Le profil et le parcours professionnel du lauréat témoignent de ce dépassement des frontières qui séparent encore trop la recherche fondamentale et ses applications commerciales » a noté Cédric Villani (Médaille Fields 2010) lors de la remise du prix, doté de 15000 euros, le 17 janvier 2011, à Paris. De fait, le parcours de Jean-Pierre Cariou est emblématique de l’évolution de la recherche appliquée ces dernières années.

Transfert de technologie public-privé

Agé de 52 ans, cet ingénieur diplômé par l’Institut d’Optique Graduate School (Orsay) a mené à l’Onera depuis 20 ans des travaux sur les applications possibles de la technologie Lidar, une sorte de Radar laser qui au lieu de se servir des ondes radiofréquences utilise les ondes lumineuses. Mais après les réductions budgétaires de la DGA (Direction générale de l’armement) dans les années 2000, son laboratoire a dû trouver d’autres sources de financement en se réorientant vers des applications civiles, centrées sur la sécurité des aéronefs. Le développement d’un lidar de mesure des tourbillons de sillage s’en est suivi, fondé sur la technologie des lasers impulsionnels à fibre optique. Jean-Pierre Cariou a rejoint Leosphere en 2007, et a continué ce développement dans cette jeune entreprise innovante pour le marché éolien plus mature. En moins de deux ans, les premiers lidars anémométriques ont été commercialisés. Leosphere est aujourd’hui leader de ce secteur en forte croissance et s’intéresse de nouveau à la sécurité aéroportuaire en nouveau relai de croissance.

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Pour les mosquées, il y a les églises vides !

N’en déplaise à l’Eglise catholique (et elle le sait bien), le nombre de ses fidèles décroit sans cesse, au point qu’en France, dans une décennie, exsangue sera le qualificatif idoine pour la désigner. De fait, nombre de ses églises sont entretenues à grand frais par les communes pour des poignées de fidèles que l’on pourrait aisément regrouper. Il me semble que la question du manque de mosquées serait résolue si l’Eglise catholique, en se grandissant (pour une fois), laissait se convertir ses lieux quasi vides au culte musulman. C’est possible, l’histoire en donne bien des exemples, comme Sainte-Sophie à Constantinople. So what ?

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« Oui à la TVA sociale »

Interview de  Nicolas Bouzou, économiste, Nicolas Bouzou dirigeant de la société de conseil Asterès.
Pierre Talbot : Comment jugez-vous l’évolution de la situation économique ?
Nicolas Bouzou : Passer d’une récession de 2,5% à une croissance de 1,5% en quelques mois est plutôt un bon résultat après avoir essuyé cette double crise (bancaire et économique) dont les dommages mettront cependant des années à se résorber. Cependant, les indicateurs traduisent une reprise molle qui va perdurer. En particulier sur le marché de l’emploi, la France avance pas à pas : 125000 emplois perdus en 2009 pour seulement 30000 regagnés par trimestre actuellement. Globalement en Europe, à l’exception de l’Allemagne, on retrouve ces mêmes tendances qui s’étendent désormais également aux USA. C’est une situation d’autant plus délicate que la crise des finances publiques constitue une véritable épée de Damoclès pour nos économies condamnées pour s’en protéger à des plans de rigueur qui freinent la croissance.

Sur quoi repose l’exception allemande ?

Il y a bien sûr la structure du tissu économique composée de grandes PME qui donne à l’Allemagne une puissance commerciale plus grande que celle de ses voisins. Mais essentiellement, sa meilleure croissance est due aux exportations qu’elles réalisent vers les pays de l’Europe de l’Est avec actuellement un taux de + 50% par an. Et ceci non pas grâce à des coûts salariaux qui ne sont pas plus faibles que les nôtres comme cela est dit à tort mais grâce à la qualité de sa production.

Faut-il abandonner l’euro pour retrouver une meilleure compétitivité ?
Ce serait une erreur car une sortie de l’euro représente des dépenses prohibitives en recréant les coûts de transaction de notre marché interne qui porte l’économie française. Ceci dit, l’UE se retrouve le dindon de la farce sur le marché paritaire, les Américains et les Chinois y faisant jouer à l’euro le rôle de monnaie forte. Cet échec est dû principalement à l’action de la Banque centrale centrée uniquement sur le contrôle de l’inflation et non sur la croissance. L’absence d’une réelle coordination économique entre les pays de la zone euro qui repose aujourd’hui sur une simple réunion de ministres sans légitimité démocratique est à déplorer.

Une taxe Tobin pour financer les déficits publics?

A l’instar de l’idée d’un gouvernement mondial, celle d’une taxe sur les échanges boursiers relèvent du rêve. Il y aura toujours des pays pour se mettre à part, il y aura toujours des parades pour échapper à la taxe. La solution est dans la limitation de la spéculation en obligeant les banques assujettir leurs opérations à risque à leurs fonds propres comme le préconisait Bâle III.

Quel est pour vous le capitalisme idéal, titre de votre dernier ouvrage*?
Le temps du libéralisme pur et dur à la Chicago boys est passé, je crois. L’économie doit être encadrée, notamment pour contenir les inégalités. Ainsi pour une meilleure fiscalité des entreprises, une TVA sociale est bien plus juste puisqu’elle permet de répartir les prélèvements non pas uniquement sur les salariés mais sur l’ensemble des consommateurs. Son adoption par la Scandinavie et l’Allemagne a boosté fortement leur compétitivité. En France, il faudra beaucoup de pédagogie pour la faire passer…
* Editions Eyrolles, 2010.

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Nuage nucléaire : et la Chine !

A ce qui me semble, le port de Vladivostok, la Corée et la Chine ne sont pas si loin du Japon que ça. En tout cas bien moins que l’Europe où pourtant l’inquiétude du vent nucléaire a rempli beaucoup de temps d’info. Alors pourquoi ce silence… Va-t-on contrôler les importations de ces voisins japonais ?

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CEA (Saclay) : une équipe révolutionne l’IRM

Grâce à la supraconductivité, les Dr Myriam Pannetier-Lecœur et Claude Fermon (CEA) ont réussi à mettre au point des minicapteurs magnétiques ultrasensibles mesurant un niveau d’activité magnétique du corps jusqu’alors insaisissable par l’IRM actuelle. Un bond pour la médecine et ce, pour un coût dix fois moindre.

Le bâtiment "Recherche fondamentale" du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), sur le campus de Saclay, abrite plusieurs laboratoires de pointe dont le Service de physique de l'état condensé (Spec) auquel appartiennent les Dr Myriam Pannetier-Lecœur et Claude Fermon.

Au rez-de-chaussée du bâtiment « Recherche fondamentale » du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) sur le campus de Saclay, le Service de physique de l’état condensé (Spec) * abrite plusieurs laboratoires de pointe. Comme ses voisins, celui du Dr Fermon ne compte que quelques personnes. Pourtant, ici, vient d’être mis au point de quoi révolutionner les indications médicales fournies par l’imagerie à résonance magnétique (IRM) conventionnelle qui demande des champs magnétiques très forts et qui repose sur un imposant équipement et qui coûte cher : 1 million d’euros par Tesla (Le Tesla est l’unité de champ magnétique, le champ magnétique terrestre est de 60µT).Grâce à une approche radicalement inverse à cette dernière et à l’utilisation de la supraconductivité à haute température, l’équipe du Dr Fermon a réussi à fabriquer des minicapteurs très sensibles capables de mesurer des signaux d’IRM dans un champ très faible, de l’ordre de quelques milliTeslas. Une technologie qui rend aussi possible de mesurer l’activité électrique du cœur et bientôt celle du cerveau. De quoi faire faire un bond spectaculaire au diagnostic médical en détectant des pathologies nouvelles.

Dr Claude Fermon

« De plus comme ce matériel pourra être transportable, on pourra, par exemple, ausculter les prématurés facilement, détecter très rapidement les hémorragies des AVC (accident vasculaire cérébrale) en se rendant sur le lieu de leur accident ou encore détecter les arythmies, signes d’infarctus », détaille Claude Fermon. Pour l’heure, les premiers magnétocardiographes et IRM à très bas champ vont entrer en test dans des centres hospitaliers et à Neurospin (Saclay) et des accords industriels ont été conclus (dont l’un, non secret, avec le suédois Elekta) pour une commercialisation qui devraient commencer en 2013. Un troisième équipement, capable d’imager l’ensemble du corps humain, doit également voir le jour dans le même temps. Cet IRM à très bas champ coûtera environ dix fois moins cher que l’IRM normal et acceptera les personnes ayant des implants métalliques. « Nous espérons le vendre entre 100 et 150 000 euros », dévoile l’auteur de cette première mondiale qui déjà a un nouveau projet en route : la fabrication d’une machine hybride mariant l’IRM à très bas champ et la magnéto-encephalographie pour obtenir une visualisation anatomique et fonctionnelle simultanée du cerveau.

Saclay en pôle position pour la supraconductivité

Cette application révolutionnaire de l’IRM bas champ n’apparaît pas au cœur du campus de Saclay par hasard. De nombreux laboratoires publics (CEA, CNRS, Université Paris-Sud, Polytechnique, Supélec), en interactions entre eux, ont fait depuis de nombreuses années de la supraconductivité l’objet de recherches fondamentales ou la base de réalisations extraordinaires avec des compétences parfois uniques en Europe ou au monde. Il en est ainsi des électroaimants géants utilisés dans l’anneau d’accélération de particules du CERN à Genève, ou encore de la fabrication des 86 éléments de l’accélérateur linéaire XFEL, un projet européen développé sur 3 ans pour 1 milliard d’euros. Deux marchés confiés à l’Institut de recherche sur les lois fondamentales de l’univers (Irfu) du CEA.

Claire Antoine, phycisienne au Service des accélérateurs, de la cryogénie et du magnétisme (SACM) du CEA-IRFU et de la plateforme Supratech (CEA-CNRS).

« La supraconductivité offrent la possibilité de réaliser des bobines très compactes qui donnent des champs magnétiques très élevés dans des câbles de faibles sections. Avec des budgets plutôt sous dimensionnés, nous avons de quoi faire un seul et unique prototype, contrairement à ce qui se passe dans le spatial ou l’aéronautique,  et nous arrivons à faire des choses qui marchent du premier coup ! », commente Claire Antoine, physicienne du service des accélérateurs, de cryogénie et de magnétisme (SACM) de l’Irfu et spécialiste des cavités accélératrices supraconductrices au sein de la plateforme Supratech (CEA/CNRS) qui les conçoit et les élabore grâce à l’une des plus grandes salles blanches européennes*****. Comme de nombreux scientifiques à travers le monde mais aussi en France (50 laboratoires), le campus de Saclay est  » accro » à la supraconductivité pour deux grandes raisons. D’une part parce qu’elle offre des possibilités quasi infinies au-delà des exemples que nous venons de voir : du train sans contact avec le sol à l’électronique des nanocircuits** en passant par le mythique ordinateur quantique*** ou encore les télécoms, l’informatique, la géophysique et l’archéologie. Mais aussi, parce que le phénomène n’est pas expliqué depuis 25 ans pour le second de ses états : celui de la supraconductivité à haute température critique. Un défi pour la recherche fondamentale!

Un phénomène inexpliqué

Julien Bobroff mène une recherche fondamentale sur la compréhension de la supraconductivité au sein du Laboratoire de physique des solides, basé dans le Bâtiment 510 (Université Paris-Sud/CNRS).

« En fait, il y a deux supraconductivité, explique Julien Bobroff du Laboratoire des physiques des solides, unité mixte Université Paris-Sud/CNRS. La première, qui remonte aujourd’hui à 100 ans et qui a été expliqué dans les années 60, fonctionne avec certains métaux à des températures situées entre -272° et -240° grâce à un refroidissement à l’hélium liquide. A ce niveau de froid, les électrons qui normalement se repoussent, s’appareillent par deux via les vibrations des atomes et forment tous ensemble une vague cohérente et en mouvement qui laisse passer le courant électrique sans aucune résistance tout en expulsant tout le champ magnétique qui l’entoure. Ce qui, dans le cas du train sans contact, explique le phénomène de lévitation. C’est avec elle aussi que l’on réalise les superaimants de l’Irfu, etc. La seconde supraconductivité, observée dans les années 80, fonctionne à hautes températures critiques (haut-TC). Soit pour la plus haute, -138° avec les cuprates à base de mercure. Ce qui, pratiquement et économiquement, rend la supraconductivité beaucoup plus abordable. » Adieu la cryogénie! Les capteurs du Dr Fermon fonctionnent avec une simple pompe refroidissante. Les principales applications de cette nouvelle supraconductivité sont présentes sur le campus, décidement en pôle position, avec les capteurs magnétiques du Dr Fermon et les nanocircuits électriques du LPS**. Mais à ce jour, malgré des milliers contributions, personne n’a trouvé comment se produit l’appareillage des électrons à ce niveau de température. Le fait est que ça marche! Mais la compréhension totale du phénomène ouvrirait sans aucun doute de nouvelles voies dont on ne peut soupçonner les retombées. Le campus de Saclay est un vivier d’équipes à la pointe des recherches sur les mécanismes de la supraconductivité à haute dite à haute température critique : citons à titre d’exemples les travaux menés par  Philippe Bourges et Yvan Sidis du laboratoire Léon Brillouin (LLB)**** sur l’interconnexion entre propriétés magnétiques et supraconductrices et par Dorothée Colson, Florence Albenque et collaborateurs du Groupe Oxydes Conducteurs (IRAMIS/SPEC)*, sur l’élaboration et la caractérisation de céramiques et monocristaux et l’étude des propriétés physiques (magnétisme et transport) de ces mystérieux supraconducteurs comme les derniers nés, en 2008, les pnictures de fer.

* Spec (Service de physique de l’état condensé) : unité de recherche associée CEA/Iramis (Institut Rayonnement Matière)/CNRS
** Laboratoire des physiques des solides (LPS) avec Richard Deblok
*** Laboratoire Quantronique de Denis Vion
**** Unité mixte du CEA/CNRS et du réacteur Orphée (CEA)
***** Ces cavités, qui sont des résonateurs permettant de stocker et d’amplifier le champ électrique destiné à accélérer un faisceau de particules chargées dans un accélérateur, ne supportent pas la poussière.

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« L’opinion publique est la clé de la crise »

Interview de Philippe Dessertine, professeur d’université et directeur de l’Institut de haute finance  (IHFI)

Philippe Dessertine

Pierre Talbot : Avec la crise un risque de guerre est-il réel ?
Philippe Dessertine : Dans mon dernier ouvrage*, j’ai souligné combien les tensions géopolitiques, liés aux ressources énergétiques et aux matières premières, étaient exacerbées par la crise économique et pouvaient déclencher des guerres réelles. La situation au Maghreb le montre bien. Sur fond de pauvreté et d’inégalités insupportables, ces conflits peuvent déstabiliser totalement l’Occident dont l’essentiel est un niveau de vie élevé basé sur la surconsommation. Au point que, si nos démocraties se sentaient vraiment menacées dans leur fondement, comme par exemple avec des contagions de déstabilisation à l’Arabie Saoudite et au Yémen voire à la Chine, les démocraties pourraient elles-mêmes être tentées par la guerre pour préserver leur pré carré. Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas sans rapport avec la situation des années 30. A cette époque, la réponse politique a été de faire monter les extrêmes, de désigner à l’opinion publique des boucs émissaires tout en amplifiant la colonisation et ses retombées économiques asymétriques.

Qui sont les boucs émissaires aujourd’hui ?
Il est d’usage de désigner comme responsables de la crise l’industrie financière et les multinationales. C’est juste techniquement mais il faut surtout considérer qu’elles apportent des réponses folles à une demande de croissance folle. De ce point de vue, la relance est une supercherie. La véritable clé à la crise est l’opinion publique et le courage des politiques qui la servent. Aux USA, un discours qui dirait aux Américains qu’ils vivent au-dessus de leurs moyens est inaudible. C’est pourquoi il faut d’abord affronter la crise sur le plan idéologique car la crise est avant tout un problème politique. La difficulté étant de faire surmonter aux opinions publiques occidentales l’idée de déclassement en lui faisant adopter un autre style de vie. Mais c’est incontournable au regard des ressources de la planète et de son environnement. Dans ce sens, l’Occident a à apprendre des pays émergents.

Un amendement de l’Occident n’est-il pas utopique ?

Le modèle de croissance anglo-saxon, source d’excès et de tensions, a fait son temps avec la globalisation source de rééquilibrages, notamment des richesses. Cette dernière doit être poursuivie avec comme viatique le formidable atout de la révolution numérique et de la protection de l’environnement que va porter la jeunesse et qui va révéler une nouvelle forme d’économie. Là est l’espoir. Pour l’heure, la résorption de la dette des Etats est centrale tout comme l’inversion du creusement des inégalités et l’encadrement de l’industrie financière. La rigueur sera acceptée si elle s’accompagne d’aides aux plus faibles et aux classes moyennes. Pour tout cela, un effort pédagogique auprès de l’opinion publique est capital. Mais je crois à l’intelligence des peuples et au devoir de transparence des faits, coeur de la démocratie et de la liberté. Ce sont des points que je développe dans mon prochain ouvrage à paraître très bientôt.

* Le monde s’en va en guerre. Editions Anne Carrière (2010).

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